Effets divergents de l’entraînement fonctionnel à haute intensité et de l’entraînement continu à intensité modérée chez les adolescents en surpoids/obésité : une étude contrôlée randomisée sur la composition corporelle, la condition physique et la santé psychologique

Introduction

Dans le contexte post-pandémique, la baisse de la condition physique et de la résilience psychologique chez les adolescents en surpoids ou obèses a mis en lumière la nécessité d’interventions comportementales efficaces et réalisables en milieu scolaire. Cette étude compare les effets de l’entraînement fonctionnel à haute intensité (HIFT) et de l’entraînement continu à intensité modérée (MICT) sur la composition corporelle, la condition physique et la santé mentale multidimensionnelle des adolescents en surpoids ou obèses.

Méthodes

Dans cet essai contrôlé randomisé, des adolescents âgés de 11 à 12 ans en surpoids ou obèses ont été assignés à une intervention scolaire de 8 semaines comprenant le HIFT, le MICT accompagné de musique, ou une condition de contrôle (trois sessions par semaine). La composition corporelle, la condition physique, les états d’humeur et la santé mentale ont été évalués avant et après l’intervention. L’apport alimentaire a été surveillé pour assurer la stabilité tout au long de l’étude.

Résultats

Les deux interventions, HIFT et MICT basé sur le rythme, ont amélioré la composition corporelle, la condition physique et les résultats psychologiques par rapport au groupe de contrôle. Le MICT a montré des effets plus forts dans la réduction de l’adiposité globale et l’atténuation des symptômes d’humeur négative et d’intériorisation tels que l’anxiété et la dépression. En revanche, le HIFT a produit de plus grandes améliorations de la condition cardiorespiratoire, de la condition musculaire et de la puissance, ainsi que des dimensions d’humeur positive, y compris la vigueur et l’estime de soi, et a montré des bénéfices supplémentaires pour la sensibilité interpersonnelle.

Discussion

Dans des conditions scolaires réelles, le HIFT et le MICT basé sur le rythme ont tous deux amélioré la composition corporelle, la condition physique et le bien-être mental des adolescents en surpoids ou obèses, mais avec des profils de réponse différents. Ces résultats soutiennent une sélection plus personnalisée des modalités d’exercice réalisables en milieu scolaire en fonction des objectifs physiques et psychologiques prioritaires.

Conclusion

L’obésité chez les adolescents représente une crise de santé publique mondiale croissante. Selon l’OMS, plus de 390 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids en 2022. La prévalence du surpoids (y compris l’obésité) chez les enfants et les adolescents âgés de 5 à 19 ans est passée de 8 % en 1990 à 20 % en 2022. Cette tendance pose des risques substantiels pour la santé qui vont au-delà des conséquences métaboliques et cardiovasculaires établies. Particulièrement préoccupante est la relation bidirectionnelle entre l’obésité et la baisse de la condition physique, caractérisée par une fonction cardiorespiratoire altérée et une force musculaire réduite, qui crée souvent un cycle auto-entretenu d’inactivité physique et de détérioration de la santé.

Cette crise de santé physique est aggravée par des défis significatifs en matière de santé mentale. Les adolescents obèses courent des risques considérablement accrus d’états émotionnels négatifs, notamment une estime de soi diminuée, la dépression et l’anxiété. Cela établit fréquemment un cercle vicieux où la détresse psychologique compromet l’engagement dans des comportements favorisant la santé, exacerbant ainsi les résultats de santé physique et mentale. L’ère post-pandémique a intensifié ces défis, avec un confinement prolongé à domicile et une activité physique réduite aggravant à la fois les taux d’obésité et la détresse psychologique chez les jeunes. L’adolescence constitue une période critique pour l’apparition et la persistance de l’obésité, tout en représentant une fenêtre clé pour l’amélioration de la santé médiée par l’exercice.

Les écoles offrent un cadre essentiel pour la mise en œuvre d’interventions de santé pour les adolescents. En réponse à ce défi multifacette, la recherche s’est principalement concentrée sur les modalités d’exercice traditionnelles, établissant l’entraînement continu à intensité modérée (MICT) comme une intervention de base avec des bénéfices démontrés pour la santé métabolique, la composition corporelle et le bien-être émotionnel. Cependant, le MICT conventionnel est souvent limité par la monotonie, conduisant à une faible adhésion parmi les adolescents, un obstacle critique à l’efficacité à long terme dans les milieux scolaires. Pour combler cet écart d’engagement, des études contemporaines ont amélioré les protocoles MICT en intégrant de la musique et une chorégraphie rythmique, montrant des résultats prometteurs pour améliorer le plaisir de l’exercice et la participation. Parallèlement, l’entraînement fonctionnel à haute intensité (HIFT) a émergé comme une alternative viable. Bien qu’il soit basé sur les principes de l’entraînement par intervalles à haute intensité, le HIFT se distingue par ses mouvements fonctionnels variés et son format généralement basé sur le groupe, potentiellement améliorant l’adhésion grâce à la motivation intrinsèque et aux mécanismes de soutien social.

Malgré ces avancées, la recherche existante présente encore des limitations. Premièrement, bien que le MICT optimisé et le HIFT visent tous deux à améliorer l’engagement, ils opèrent par des voies distinctes : le MICT par le plaisir structuré et la cohérence rythmique, contre le HIFT par la variété fonctionnelle et la dynamique sociale. Une comparaison directe de ces modalités dans des interventions scolaires identiques fait encore défaut. Deuxièmement, la recherche existante a mis l’accent sur les résultats physiologiques, avec une attention insuffisante aux bénéfices psychologiques comparatifs, en particulier en ce qui concerne les effets sur la santé mentale spécifique au domaine chez les adolescents en surpoids/obèses. Enfin, la compréhension de la manière dont ces modalités d’exercice influencent différemment l’interaction santé physique-psychologique reste limitée. Par conséquent, une question critique émerge : comment ces modalités d’exercice distinctes mais engageantes se comparent-elles pour relever les défis de santé physiologiques et psychologiques entrelacés des adolescents en surpoids/obèses ?

Cette étude vise donc à comparer systématiquement les effets du MICT basé sur le rythme et accompagné de musique par rapport au HIFT basé sur le groupe sur la composition corporelle, la condition physique et les états émotionnels chez les adolescents en surpoids/obèses dans un cadre scolaire. Nous émettons l’hypothèse que : (i) Les deux interventions amélioreront la condition physique, le HIFT produisant de plus grands gains en condition cardiorespiratoire et musculaire. (ii) Les deux interventions amélioreront les états d’humeur, mais avec des profils différents : le HIFT améliorera l’humeur positive (par exemple, la vigueur et l’estime de soi), tandis que le MICT basé sur le rythme réduira l’humeur négative (par exemple, la fatigue et l’affect dépressif). (iii) Les interventions montreront des effets différentiels dans les domaines multidimensionnels de la santé mentale, le HIFT améliorant préférentiellement la sensibilité interpersonnelle et le MICT basé sur le rythme montrant de plus grandes réductions des symptômes d’anxiété et de dépression.

🔗 **Source:** https://www.frontiersin.org/journals/physiology/articles/10.3389/fphys.2026.1756285/full